Formation – Transmission

Pour moi le théâtre est un espace de rencontre, et de mise en partage, de transmission donc, et cela doit toujours se faire avec plaisir et conviction.

C’est donc une lecture, une voix, une langue, une pièce qui me touche intimement, que j’estime, que je mets en partage, afin que les acteurs la rencontre et la mettent potentiellement en partage avec les spectateurs, qui eux même la partageront en racontant à d’autres ce qu’ils ont vu et entendu.

Transmettre est le propre de notre métier. C’est ce à quoi nous devons nous acharner.

On ne joue pas pour soi, mais par plaisir de partager cette « chose » précieuse que l’on découvre, et que l’on estime essentielle.

C’est l’axe central du travail que je mène sur la langue avec les acteurs, depuis que j’ai commencé la mise en scène. Je dis « on joue pour la grand mère du dernier rang ». Pas spécialement pour parler fort (surtout pas!) mais pour parler clair. C’est avec elle qu’il faut jouer. Les spectateurs sont nos partenaires. C’est eux que l’on doit emmener. Comment emmène t-on les spectateurs avec nous, dans notre histoire, notre imaginaire, dans la langue d’un auteur ? Comment laisse t-on la langue résonner chez le spectateur pour qu’il s’en empare à son tour, et qu’elle sorte du théâtre ? C’est toute la question. Et c’est ce que je mets en partage.

Aussi je n’ai aucun apriori sur ce qu’il va se dérouler lorsque j’entre dans la lecture d’une pièce, et sur ce que sont les personnages. J’aime garder en mémoire cette première lecture, et chercher avec les acteurs comment (re)trouver au plateau ce présent de lecture, et cet étonnement des premières fois. Rester ouverts à ce qu’il peut advenir, survenir. Pour être tous dans le même présent, et dans le même présent que le spectateur qui découvre la pièce. C’est aussi cet autre axe important de mon travail que j’aime transmettre.