Le Projet

MADAM – Manuel d’Auto Défense À Méditer

C’est une oeuvre inédite, un manifeste philosophique, une aventure théâtrale passionnante.

MADAM – Acte artistique anthropologique queer

C’est le carnet de voyage, en six épisodes, de la metteuse en scène Hélène Soulié, qui partage avec bonheur et insolence ses questionnements sur le féminisme, le sexisme, le patriarcat, le capitalisme, et la construction de nos identités… Accompagnée sur chaque épisode par une autrice, une actrice et une anthropologue, elle va à la rencontre de femmes de toutes origines qu’elle identifie comme pionnières et trouble-fêtes, et met en scène les voix de ces combattantes du quotidien, et celles de chercheuses emblématiques qui n’ont de cesse d’interroger la société et la place que celle-ci leur accorde.

MADAM – Six épisodes

A entrées multiples, le manuel est constitué de six épisodes conçus pour être présentés en solo, duo, quatuor, sextuor, sur une soirée ou tout au long de la saison, en salle, ou dans des lieux non dédiés.

MADAM – Édition

Lorsque les six épisodes seront créés, sera éditée le manuel préfacé par Hélène Soulié et l’ethnographe Loréna Favier, composée des textes des autrices, de ceux des expertes, et de photos réalisées lors des immersions sur les territoires.

MADAM – Projet innovant

Le projet promeut le renouvellement des dramaturgies contemporaines, et suscite par son caractère innovant l’émergence de nouvelles écritures théâtrales. Il permet également une implication, un relai, et des rendez-vous avec le public tout au long de la saison. Les financements mobilisés pour la mise en oeuvre du projet, sont à son image : croisés.


INTENTIONS

“Je le fais parce qu’il nous faut des modèles, des images positives, des idées qui soulagent nos angoisses. Il nous faut du courage pour nous donner la permission de prendre notre vie en main. Tant que les femmes penseront que se défendre signifie être agressive, irrespectueuse, immorale, égoïste ou masculine, elles auront des difficultés à se donner cette permission.”

Irène Zeilinger

Au départ, je déprimais. Je relisais ma bibliographie féministe, et les comptes rendus des différents observatoires sur la représentativité des femmes dans la culture. Les chiffres étaient catastrophiques. J’étais une FEMME. C’était foutu. En même temps je n’avais pas envie de pleurnicher. Je n’aime pas les gens qui pleurnichent. Et puis je travaillais. Avec une autrice. J’adaptais un roman écrit par une autre autrice. Quand je travaille je vais bien. Quand je travaille je vais bien. Quand je travaille je vais bien. Je pratique la méthode Coué.

Après j’ai rencontré Eliane Viennot, grammairienne, qui m’a offert son livre : “Non, le masculin ne l’emporte pas sur le féminin ! “ Je l’ai lu d’une traite. C’était formidable. Parce qu’elle donnait une vision insoupçonnée des territoires féminins de la langue… Et puis j’ai lu « Non, c’est non ! – Petit manuel d’Auto-défense, à l’usage de toutes les femmes qui en ont marre de se faire emmerder sans rien dire » d’Irène Zeilinger. J’y ai appris qu’en France, au Québec, ou en Jordanie, fleurissaient des cours d’auto-défense pour femmes, où l’on enseignait le Seito boej (qui signifie défense légitime). J’ai repris du poil de la bête !

Irène Zeilinger dans la préface de son manuel écrit: “Je suis partie du constat qu’ici et là, les femmes développent des STRATÉGIES de résistance, et que rendre visible leurs actions permet de donner une vision renouvelée des territoires féminins.”

Je me suis dit que les communautés de GUERRIÈRES perduraient ici et là, et que la CITÉ était bien celle des DAMES.

Et puis, j’ai eu une amie au téléphone, une femme encore, SOCIOLOGUE-ANTHROPOLOGUE. Elle allait bien, elle travaillait. Sur des questions de genres. Elle parlait queer. FÉMINISME QUEER. Troisième vague. Rien à voir avec Godard. Mais elle parlait. Une nouvelle langue. C’est un peu comme ça que ça a commencé…

Je voulais prendre part au chapitre. Mettre quelque chose en œuvre. Prendre la parole. La donner aussi. Faire ENTENDRE. Donner VOIX. Donner CORPS. Rendre visible. L’invisible.

C’est là qu’est né le projet de MADAM.

Un projet qui s’écrit au présent, sans présupposé. Un projet qui met la rencontre au centre de son processus. Un projet où la rencontre nous met à nu, nous modèle, remodèle, dé-modèle en permanence. Un projet comme un chantier permanent ! « Si on savait quelque chose de ce qu’on va écrire, avant de le faire, avant d’écrire, on ne le ferait jamais », m’a soufflé Duras.

MADAM, initiales de Manuel d’Auto-Défense À Méditer, est un MANIFESTE PHILOSOPHIQUE. Il se construit – comme le savoir féministe lui même – depuis de multiples traditions disciplinaires (littérature, art, histoire, sociologie, sciences-politiques, philosophie, sciences bio-médicales), et en politisant l’expérience personnelle, l’espace intime, et le corps.

Démarré en 2017 avant #MeToo, ou l’affaire Weinstein, MADAM résonne fort actuellement.

MADAM découd l’intériorisation des hiérarchies de genre et transgresse le discours dominant. MADAM agit, bouscule, perturbe, brise les limites, et valorise la marge.

Oeuvre hors norme, hors cadre, MADAM est queer et INTERSECTIONNEL.

La perspective queer permet de rendre observable la complexité des identités des personnes que le projet met en scène, remettant ainsi en question les frontières normatives d’un féminisme essentialiste. La démarche intersectionnelle participe, elle, à complexifier le sujet « féministe » à travers la reconnaissance d’autres systèmes d’oppression et de domination, notamment de classe et de race, et d’échapper à une lecture simpliste des inégalités entre les genres.

Les femmes que je réunis autour de moi sont autrices, actrices, sociologues, grammairiennes, politologues; militantes ou non. Elles sont issues des minorités ou non. Elles sont HÉTÉROS, LESBIENNES, BI, TRANS. Ce que nous avons en commun, c’est le souhait d’exposer les problématiques auxquelles les femmes sont confrontées aujourd’hui, de poursuivre les stratégies qui ont déjà prouvé leur efficacité, et d’en inventer d’autres afin d’avancer dans l’appropriation de nos IDENTITÉS.

Pour construire ce manuel, qui se décline en SIX ÉPISODES, des centaines de femmes, que j’identifie comme PIONNIÈRES sont rencontrées. Six AUTRICES, six ACTRICES, six CHERCHEUSES et une anthropologue sont associées au projet.

Marine Bachelot NGuyen, Marie Dilasser, Mariette Navarro, Solenn Denis, Claudine Galéa, et Magali Mougel, dont j’aime la langue « poélitique », ont tout de suite accepté de partager cette aventure. Un groupe d’expertes choisies pour leurs recherches, leurs publications, et parcours militant a ensuite été constitué avec Hanane Karimi, Eloise Bouton, Françoise Vergès, Eliane Viennot. D’autres chercheuses rejoindront le projet. 

Ainsi en lien avec Loréna Favier – sociologue et ethnographe qui m’accompagne tout au long de ce projet, et à l’image de VARDA, nous glanons, collectons, récoltons des paroles, écoutons, prenons notes, sommes attentives à comment les lieux et les contextes ont une influence sur la PAROLE, et écrivons. Notre méthode de travail s’affine au fur et à mesure des aventures, des rencontres, des créations des épisodes, dans le partage de nos OBSESSIONS, et aux croisements de nos disciplines.

Les TEXTES écrits par les autrices deviennent la matière première de l’épisode, et donnent naissance à une PERFORMANCE d’une trentaine de minutes. Ceux écrits au contact des expertes sont supports à l’INTERVIEW de celles-ci, que je mène en direct lors des représentations.

Sur scène, l’objet s’invente hors de toute attente, sur les FRONTIÈRES, en interstices. Des mots et des LANGUES s’entrechoquent. Des TRAJECTOIRES se croisent. Des parcours se déplient. Quelque chose agit. Un nouvel espace de théâtralité nous saisit. Sommes-nous dans le réel ? La fiction ? Qui parle ? Hors de nos repères, nous avançons sur un fil entre deux mondes, traçons des lignes de fuite, esquissons de nouveaux scénarios. Il n’y a aucun artifice, et il est impossible de faire demi tour.

Hélène Soulié

Dossier de production :  >> ICI <<


Chapitres

MADAM#1 Est-ce que tu crois que je doive m’excuser quand il y a des attentas ?

MADAM#2 Faire le mur – Ou comment faire le mur sans passer la nuit au poste ?

MADAM#3 : Scoreuses – Parce que tu ne peux que perdre si tu n’as rien à gagner

Illustration : © Giulia Jackson