MADAM

1. MADAM Page présentation

Manuel d’Auto Défense À Méditer

6 chapitres

6 territoires

6 autrices

6 actrices

6 expertes

1 metteuse en scène

1 anthropologue

1 photographe

1 intégrale

1 manuel

1 édition

LE PROPOS

MADAM  – Manuel d’Auto Défense À Méditer est un projet artistique anthropologique queer mené par Hélène Soulié. 

A entrées multiples, le manuel constitué de 6 chapitres est aux croisements d’un récit de vie, d’un langage poétique, d’un geste artistique, d’une parole scientifique, et d’une parole publique.

MADAM c’est 6 rencontres de groupes de femmes sur un territoire donné, 6 commandes de texte à 6 autrices (Marine Bachelot N’Guyen, Magali Mougel, Solenn Denis, Claudine Galéa, Marie Dilasser, Mariette Navarro), 6 actrices, 6 expertes (scientifiques, philosophes, sociologues), 1 sociologue – anthropologue, et 1 metteuse en scène, qui s’associent pour créer une cartographie renouvelée des territoires féminins, rendre compte et poétiser les réponses et les actions menées par les femmes, aujourd’hui, dans l’espace public, et apporter des points de vues émancipateurs.

Lorsque les 6 chapitres seront constitués, MADAM – l’intégrale sera présentée en public. Une édition du manuel composée d’extraits des textes des autrices, et de ceux des expertes sera également réalisée. Hélène Soulié y relatera l’ensemble de l’aventure parcourue, livrant à toutes et à tous, son Manuel d’Auto Défense À Méditer.

Aussi, les 6 performance attenantes au chapitres pourront être présentées en tous lieux.


INTENTIONS

« Je le fais parce qu’il nous faut des modèles, des images positives, des idées qui soulagent nos angoisses. Il nous faut du courage pour nous donner la permission de faire ce qui est nécessaire pour prendre notre vie en main. Tant que les femmes penseront que se défendre signifie être agressive, irrespectueuse, immorale, égoïste ou masculine, elles auront des difficultés à se donner cette permission. »
Iréne Zeilinger

J’ai rencontré Marine Bachelot Nguyen et Solenn Denis à La Chartreuse de Villeneuve lez Avignon. J’y travaillais alors avec Magali Mougel sur l’adaptation pour la scène du roman de Lola Lafon Nous sommes les oiseaux de la tempête qui s’annonce. Je relisais ma biographie féministe, et les comptes rendus des différents observatoires sur la représentativité des femmes dans la culture. Les chiffres étaient catastrophiques. Je déprimais.

J’avais emmené dans mes bagages, Non, c’est non d’Iréne Zeilinger [1]. Sous titre : Manuel d’Auto défense à l’usage de toutes les femmes qui en ont marre de se faire emmerder sans rien dire.  J’y apprenais qu’en France, au Québec, ou en Jordanie fleurissaient des cours d’auto-défense pour femmes, où l’on enseignait le Seito boej (qui signifie défense légitime). J’avais emmené aussi Petit traité contre le sexisme ordinaire de Brigitte Grésy [2]. À la cantine, on a parlé du livre d’Eliane Viennot : Non, le masculin ne l’emporte pas sur le féminin ! [3]Sous titre : Petite histoire des résistances de la langue française. Exemple : la « règle de proximité » selon laquelle l’accord de l’adjectif ou du participe passé se fait avec le nom le plus proche. Exemple : « amour et trahison si intimement mêlées ». Si, si, c’est « français ». On peut. J’ai repris du poil de la bête !

Il m’est apparu que ces autrices, donnaient toutes, ici, chacune à leur manière, une vision insoupçonnée des territoires féminins de la langue, et concouraient par là, à la visibilité d’une … invisibilité.

On a parlé du combat qu’avait mené les femmes du quartier « petit Bard » à Montpellier, pour qu’il y ait plus de mixité dans les écoles que fréquentaient leurs enfants. De ces femmes encore, à Evry cette fois, à qui on faisait appel dès que la tension montait dans les cités. De ces femmes, en Iran qui étaient les premières dans la rue au moment de l’élection frauduleuse d’Ahmadinejad. Ou de celles en Egypte, qui se promenaient désormais avec des aiguilles à tricoter dans les transports en commun et dans la rue, et qui n’hésitaient plus à en faire usage pour se défendre des agressions.

Je me suis dis que les communautés de guerrières perduraient ici et là, et que la Cité était bien celle des dames.[3]

Iréne Zeilinger à propos de son manuel écrit dans la préface de celui-ci :  » Je suis partie du constat qu’ici et là les femmes développaient des stratégies de résistance, et que rendre visible leurs actions permettraient de donner une vision renouvelée des territoires féminins. »

Et nous que faisions-nous ? Nous les artistes, autrices, autour de cette table ? Que faisions nous ? Je voulais prendre part au chapitre. Mettre quelque chose en œuvre pour faire entendre, nommer, relayer, rendre audible, à mon endroit, ici et maintenant, les voix et les stratégies des femmes d’aujourd’hui, ce qu’elles mettaient en scène pour être entendues, être visibles, être vivantes.

C’est là qu’est né le projet de MADAM.

Un projet hors norme, hors cadre, qui s’écrirait au présent, sans présupposé. Un projet qui nous sortirait de nos projections, des stéréotypes et des clichés qu’on trimballait. Un projet qui mettrait la rencontre au centre de son processus. Un projet qui nous mettrait à nu. Un projet qui nous permettrait de nous questionner sur la langue, les langues. De prendre la parole. De donner la parole. De faire entendre. De donner voix au chapitre. D’y prendre part. De donner corps. De rendre visible. L’invisible.

Dans la lignée de mon intérêt pour les auteurs de ma génération, de la complicité qui m’a lié à David Léon (3 mises en scènes de ces pièces), de celle que je développe aujourd’hui avec Magali Mougel qui m’accompagne en dramaturgie depuis 2 saisons, j’ai souhaité associer 6 autrices au projet, en leur confiant à chacune l’écriture d’un texte.

Magali Mougel, Solenn Denis, Marine Bachelot N’Guyen, Mariette Navarro, Claudine Galéa, et Marie Dinasser, dont j’aime l’écriture « poélitique » ont tout de suite accepté de partager cette aventure.

Ainsi en lien avec Aurélie Marchand – sociologue et ethnographe qui m’accompagne tout au long de ce projet, et à l’image de Varda, nous glanons, collectons, récoltons des paroles, écoutons les réponses, prenons des notes, et sommes attentives à comment les lieux et les contextes ont une influence sur la parole.

Notre méthode de travail s’affine au fur et à mesure des aventures et des rencontres, dans le partage de nos obsessions, et aux croisements de nos disciplines.

Les textes écrits deviennent support à une performance d’une trentaine de minutes que je mets en scène avec une actrice. La représentation est toujours suivie de la prise de parole d’une chercheuse féministe (philosophe, sociologue) que je convie à exposer son travail et qui vient donner un éclairage scientifique à la recherche engagée (féministes musulmanes, Basketteuses professionnelles, Street atistes….). Cette conférence dure une trentaine de minutes, et est elle-même suivie d’un débat public.

Ainsi nous constituons les chapitres du Manuel, en inventant une nouvelle façon de « faire » théâtre, une nouvelle grammaire, une langue qui nous appartienne, dans laquelle nous pouvons nous reconnaître.

[1] Non, c’est non – petit manuel d’auto-défense à l’usage de toutes les femmes qui en ont marre de se faire emmerder sans rien dire / Iréne Zeiliner / Editions ZONES – 2008

[2] Petit traité contre le sexisme ordinaire / Brigitte Grésy / Editions Albin Michel – 2009

[3] Non, le masculin ne l’emporte pas sur le féminin- Petite histoire des résistances de la langue française / Éliane Viennot / Editions iXe, 2004

[4] La Cité des dames est un récit allégorique de Christine de Pizan paru à Paris en 1405. Le Livre de la Cité des Dames, Texte traduit et présenté par Thérèse Moreau et Éric Hicks, 2005, Stock, collection Moyen Âge


ÉQUIPE ARTISTIQUE

Conception, mise en scène, texte vidéo et intreview : Hélène Soulié
 

En collaboration avec l’anthropologue : Loréna Favier 

Autrices associées : Marine Bachenot N’Guyen, Solenn Denis, Magali Mougel, Marie Dilasser, Mariette Navarro, Claudine Galéa .

Actrices associées : Lenka Luptakova, Mounya Boudiaf, Lymia Vitte, Thalia Otmanetelba, Claire Engel, Marion Coutarel.

Chercheuses associées :  Hanane Karimi, Eloise Bouton, Eliane Viennot (en cours)

Production – Diffusion : Les 2 Bureaux – Jessica Régnier

Production : EXIT

Coproduction : Les Ateliers du vent- Rennes, Le périscope-Nîmes, Le théâtre Jacques Cœur – Lattes, Le Sillon-Scène conventionnée de Clermont l’Hérault, le Théâtre de l’Aquarium- Paris, Le 11-Avignon, Saison Résurgences – Lodève… 

Soutiens : DGCA (au titre du compagnonnage autrices), SACD, DRAC Occitanie (au titre des compagnies conventionnées, des politiques de la ville et de la mission Égalité), Région Occitanie/Pyrénées- Méditérannéee (au titre des compagnies conventionnées), Direction Régionale du Droit des Femmes, Direction Départementale de la Cohésion Sociale de l’Hérault.

Dossier de production : Ici !

Chapitres créés :

MADAM#1 : Est-ce que tu crois que je doive m’excuser quand il y a des attentas ?    Hélène Soulié / Marine Bachelot N’Guyen / Lenka Luptakova / Hanane Karimi

MADAM#2 : Faire le mur – Ou comment faire le mur sans passer la nuit au poste ?   Hélène Soulié / Marie Dilasser / Mounya Boudiaf / Eloise Bouton

MADAM#3 : Scoreuses – Parce que tu ne peux que perdre si tu n’as rien à gagner.    Hélène Soulié / Mariette Navarro / Lymia Vitte / Eliane Viennot

 

Illustration : © Giulia Jackson