[Konfesjonal,o]

D’après l’univers poétique de Christophe Tarkos

EXTRAIT

 « Une expérience, un truc expérimental, une expérimentation, il est possible d’expérimenter, expérimenter sur soi, nous allons faire une expérience, faire l’expérience de certains produits cérébraux, de certains états d’âmes, de certaines ambiances, de certaines substances qui suintent, qui coulent de la pensée, la pensée fabrique des suintements, des écoulements de produits, par l’émotion procurée par la pensée, la pensée est émouvante, est liquide, est liquéfiée, est suintante, est forte de réactions chimiques dangereuses, fortes, réactives, produites par le simple fonctionnement normal sentimental de la pensée, fabrique de la drogue, fabrique des produits de droguerie, de l’alcool, de l’acide, de l’anesthésie, de l’adrénaline, fabrique une tension, une alternative, un combat face au déjà de la conscience, une défense, un procédé, produit par le flux de la conscience qu’il n’y a rien à espérer, il est possible d’être une longue source d’expérimentation, est juste nécessaire un quai de métro, un quai de RER, un quai de gare, un certain attentisme, un flottement et c’est parti, l’expérience peut commencer (…) »

 Extrait de AnachronismesChristophe Tarkos – édition P.O.L.

LA PIÈCE

 Une expérience unique entre théâtre, performance et installation.

 Christophe Tarkos est un poète en proie aux interrogations les plus loufoques, alliant le métaphysique et l’anodin. Au croisement entre Ghérasim Luca et Gertrude Stein, il décrit ses obsessions par une écriture en boucles, en spirales, en rythme et en matière.

Konfesjonal-O06[konfesjonal,o] c’est l’envie de réunir, autour des textes de Christophe Tarkos, des artistes (acteurs, plasticiens, éclairagiste, musicien, metteur en scène) aux univers singuliers, de confronter leurs points de vues, leurs lectures et leurs sensations.

 [konfesjonal,o] c’est la tentative de recréer à partir de l’espace, de la lumière, de la musique, du jeu, de la parole, cette fascinante langue.

 [konfesjonal,o] c’est le pari d’inventer un objet qui ne soit ni théâtre, ni concert, ni exposition. Un noeud où s’invente la matière.

 [konfesjonal,o] invente une relation aux spectateurs vivante, faite d’intimité. Un organisme qui aurait son propre fonctionnement, un jeu, un Luna Park de l’esprit.

LA MISE EN SCÈNE

Créer un spectacle d’après une œuvre poétique ne relève pas de la dramaturgie théâtrale «classique », mais nécessite une attitude métamorphique : se glisser au cœur des processus d’écriture, s’inspirer de la qualité intrinsèque de chaque agencement, générer une oralité, une musicalité et une spatialisation.
En résonance à cet espace poétique, et par le biais du jeu, nous avons inventé une poétique de l’espace, qui recueille autant les manifestations de l’intime (de l’essence), que les«stand-up» (les adresses dynamiques au public) que pratiquait Tarkos lui même lors de ses performances.
Nous nous sommes inspirés du funambulisme de Tarkos, lui qui se situe toujours dans un entre deux, et questionne obsessionnellement le réel et la fiction, la vérité et le mensonge, la vie et la mort, la raison et l’absurde, le grand cirque de nos vies. Le travail a donc consisté à « traduire » Tarkos, que nous filtrons par nos propres sensations. Nous avons travaillé sur l’étrangeté de la langue, sur la distance qu’ont les textes par rapport au réel, et tentons de faire passer ce « malaise de la langue qui passe comme une lame entre le monde et nous ».
Nous nous sommes interrogés sur l’intime et le public, ou comment nos pensées les plus intimes résonnent dans un espace public. C’est de là qu’est né le projet [konfesjonal,o].

 Le spectacle est conçu comme une caisse de résonance des textes, des mots, du son des phonèmes, de cette fameuse pâte-mot. Nous avons travaillé à la spatialisation de cette langue, à rendre visible sa plasticité, à la projection scénique de l’acte poétique.

L’expérience prend des allures de jeu.
Un jeu afin que nous soyons tous dans ce même présent, le pur présent, dans un mouvement qui se forme et se déforme, et se reforme et se re-déforme, en une perpétuité faite d’instant – une ligne qui n’en finit pas.

 Hélène Soulié


ÉQUIPE ARTISTIQUE

Texte : Christophe Tarkos
Conception et mise en scène : Hélène Soulié
Collaboration artistique et vidéo : Maïa Fastinger
Scénographie / Costumes : Sylvain Faye
Lumières : Thomas Godefroy

Les textes de Christophe Tarkos utilisés sont extraits de :

Caisses – Christophe Tarkos – P.O.L
Anachronismes – Christophe Tarkos – P.O.L
Signes – Christophe Tarkos – P.O.L
Pan – Christophe Tarkos – P.O.L
Version sonore – Christophe Tarkos – Edition Cactus

DISTRIBUTION

Valérie Gasse
Charo Beltran-Numez
Marco Ravayrol
Eric Colonge
Sandrine Clémençon
Elsa Denes
Frédèric Roudier
Marie Vires
Marion Coutarel

CRÉATION ET TOURNÉE 2009

  • 10, 11, 12, 13 septembre 2008
    Festival Montpellier Quartiers Libres
  • 14, 15, 16, 17, 18, 19, 20 novembre 2010
    Le Pari – Tarbes
  • 26, 27, 28, 29 novembre 2008
    La Chapelle – Montpellier

PRODUCTION

Production EXIT – Hélène Soulié

Coproduction La Chapelle – Montpellier, Le Pari/ fabriqueartistique – Tarbes, Montpellier Quartiers-Libres

Avec l’aide à la création du Conseil Général de l’Hérault (compagnie conventionnée), du Conseil Régional Languedoc-Roussillon, de la Ville de Montpellier, et de Montpellier-agglomération.

Photos : ©Maïa Fastinger